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Histoire du Neurofeedback

De la découverte de l'électroencéphalographie à l'avènement du Neurofeedback

Résumé

 

1875, Richard Caton découvre l’existence de l’activité électrique dans le système nerveux central et ouvre, ainsi, la voie dans la recherche sur l’électroencéphalographie.

En 1958, s’appuyant sur les innombrables découvertes scientifiques réalisées au cours des quatre-vingt dernières années, Joe Kamiya révolutionne la recherche dans le domaine des neurosciences, au moyen du premier dispositif de Neurofeedback.

Enfin, en 2001, Susan et Valdeane Brown, mettent au point un matériel de deuxième génération, et commencent à diffuser, à l’international, le système de Neurofeedback le plus avancé.

1875 : Richard Caton (médecin, physiologiste et chercheur à l’hôpital pour enfants de Liverpool) relie un galvanomètre au cuir chevelu d’animaux vivants. Il observe, alors, que l’activité cérébrale génère et émet des impulsions électriques, et que ces ondes varient en fonction des différents états d'éveil des sujets. C’est la naissance de l’électroencéphalographie.

1924 : Hans Berger (psychiatre, neurologue, docteur émérite en physiologie, recteur de l’université de Iéna) développe un matériel destiné à mesurer, avec précision, l’activité électrique du cerveau. En amplifiant le signal électrique de l’activité neuronale et en enregistrant son tracé, il met au point l’électroencéphalogramme. Il dresse une classification des fréquences cérébrales (mesurées en herz) , par bandes de fréquences, et établit une échelle normative liée aux différents états de santé en fonction des amplitudes mesurées dans chacunes d'elles. Plus tard, il étudiera et décriera, pour la première fois, la nature des altérations élecroencéphalographiques dans les maladies cérébrales telles que l'épilepsie .

1932 : Edgar Douglas Adrian (professeur de physiologie à l’université de Cambridge) obtient le prix Nobel de médecine pour son travail sur l’encéphalographie et la mesure de l’activité neuronale : atténuation des effets du stimulus de la douleur dans le temps, découverte de présence d'électricité dans les cellules nerveuses, mesure de l'activité du système nerveux par amplification audio de ses impulsions...

1948 : Denis Gabor (ingénieur et physicien hongrois, prix Nobel de physique en 1971 pour son invention de l’holographie) développe un algorithme, le filtre Gabor, qui va permettre à la communauté des chercheurs et praticiens en neuroscience de visualiser, évaluer et exploiter le tracé de l’activité cérébrale,  avec une précision inégalée.

1958 : Joe Kamiya (professeur et chercheur en neurosciences à l’université de Chicago) développe un matériel de mesure de l’activité électrique du cerveau, associant un électroencéphalographe à un dispositif informatique. Ce procédé permet de mesurer, avec précision, les amplitudes électriques dans chacune des bandes de fréquences produites par l’activité neuronale (en hertz). Ses recherches le conduisent à découvrir qu’il est possible, à force d’entraînement pour chaque sujet humain avec lequel il collabore, d’évaluer de façon consciente si son activité cérébrale est localisée dans les fréquences alpha (8 à 12 hertz) et par la suite de se positionner volontairement dans celles-ci. Joe Kamiya fait une découverte qui révolutionne les neurosciences : le Neurofeedback.

1968 : Barry Sterman (docteur en psychologie et en neurosciences, chercheur, et professeur à l’université de Los Angeles) prolonge le travail de Joe Kamiya. Ses recherches le conduisent à développer un dispositif spécifique de Neurofeedback. L’expérimentation avec ce dispositif conduit à l’élaboration de protocoles dont l’efficacité est avérée dans le traitement d’une grande variété de troubles neurologiques (dont l’épilepsie).

1971 : la NASA, alertée par les effets délétères du combustible utilisé pour les fusées (hydrazine), sur la santé des ouvriers travaillant dans les chantiers de construction des engins spatiaux et celle des astronautes, fait appel à Barry Sterman. Le traitement par Neurofeedback appliqué à ces personnels permit de réduire de 65% les convulsions épileptiques, générées par le combustible.

1976 : Joel Lubar (professeur émérite en psychologie et chercheur à l’université du Tennessee), s’inspirant de sa première expérimentation du Neurofeedback (1972) pour diminuer l’impulsivité et améliorer l’attention d’un enfant souffrant de TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité), mène une méta-étude sur plus de mille patients victimes des mêmes symptômes. Cette étude le conduira à une méta-analyse concluant aux considérables effets positifs du Neurofeedback sur les symptômes des enfants atteints de TDAH.

1980 : Eugène Peniston (chercheur et chef de psychologie au centre médical de l’administration des anciens combattants à Bonham, Texas) et Paul Kulkosky (chercheur) développent un système de Neurofeedback spécifique dont les effets positifs, sur les soldats de retour de la guerre du Vietnam et soufrant de syndrome de stress post-traumatique, seront scientifiquement évalués et avérés.

1989: Eugène Peniston et Paul Kulkosky développent un nouveau protocole de Neurofeedback destiné à libérer des patients dépendants à l’alcool et ayant échoué à des traitements résidentiels hospitaliers. Pour 80% d'entre eux le sevrage perdurera, trois années après la fin du programme de Neurofeedback.

2001 : Susan Brown (psychologue clinicienne) et Valdeane W. Brown (psychologue clinicien, mathématicien, physicien et informaticien), co-fondateurs, de l’institut Zengar (Etats Unis et Canada), après cinq années de recherche et développement, mettent au point le matériel de Neurofeedback de deuxième génération. Ce matériel plébiscité, aujourd'hui par un très grand nombre parmi les 6 000 praticiens (psychiatres, psychologues cliniciens, psychothérapeutes, neurologues…), à travers le monde, révolutionne 60 années de recherches sur le Neurofeedback. Il s’appuie sur un logiciel, d’une précision inégalée, qui s’intéresse et répond en temps réel, non plus à des valeurs cibles normalisées, mais à la variabilité de l’activité neuronale. Cette technique, appelée Neurofeedback Dynamique, privilégie les capacités autorégulatrices du cerveau.